ILLUSTRATION : MUZO

Un directeur d’école mécontent convoque le père d’un élève :

— Monsieur, j’ai demandé à vous voir parce que votre fils vole sans cesse les stylos et les crayons de ses camarades.

— Je ne comprends pas, répond le père. Je lui en ramène autant qu’il en souhaite du bureau.

 

« Tel père, tel fils ! ». Le dicton populaire semble donner raison à Albert Bandura, père d’une importante théorie dans laquelle il a développé le modèle de l’apprentissage social. Nous apprenons aussi par l’observation active et par imitation. Les conséquences du comportement observé ne sont pas nécessairement expérimentées par la personne. Par exemple, la phobie des araignées peut être acquise par l’observation d’une autre personne phobique. De même, le comportement de consommation alcoolique excessive a pu être transmis par imitation d’un modèle familial. En thérapie, le thérapeute peut utiliser ce concept pour amener le patient à imiter un comportement souhaitable, le « modeling ». Dans les groupes d’affirmation de soi, le thérapeute peut transmettre, par son attitude, le modèle d’un comportement affirmé.

 

Nous avons donc vu les trois conditionnements fondamentaux. Je reviens sur la notion fondamentale du principe de Skinner (la TCC et les apprentissages nécessitent des répétitions fréquentes et utiles pour progresser !). Un comportement problématique se maintient car il est renforcé par au moins une conséquence positive (sinon il s’éteint) et au moins une conséquence négative (sinon la personne ne consulte pas). Ainsi, j’aborde brièvement une classification de nos comportements en fonction des conséquences : un stimulus (S) entraine une conséquence appétitive (S+, agréable) ou aversive (S-, désagréable) qui peut être ajoutée (+), diminuée (-) ou ajournée (0). Il est donc possible de définir 6 possibilités : +S+ (renforcement positif, « récompense »), -S- (renforcement négatif, pas de nom usuel), 0S- (renforcement négatif, pas de nom usuel), -S+ (punition négative, « privation »), 0S+ (extinction, « ignorer »), +S- (punition positive, « punition »). Dans les trois premiers cas, la probabilité que le comportement soit maintenu augmente, dans les trois derniers, c’est le contraire. C’est complexe à mémoriser et à comprendre mais très utile pour modifier un comportement, en agissant sur les renforçateurs. Le lecteur intéressé par le sujet pourra se reporter aux annexes, un petit tableau, inspiré des travaux de Jacques Van Rillaer et de Herman de Vries, donne des exemples concrets.