ILLUSTRATION : MUZO

Nasr Eddin aime bien se rendre dans une tchaïkhané, où l’on peut bavarder avec amis et connaissances tout en sirotant son thé.

— Vous ne me croirez pas, lance-t-il un soir, mais en vieillissant, j’ai conservé la même force que dans ma jeunesse. Je n’en reviens pas moi-même.

— Ce n’est pas possible, Nasr Eddin, tu te vantes. Depuis quand une vieille haridelle montrerait-elle la vigueur d’un jeune étalon ?

— Telle est pourtant la vérité.

— Prouve-le.

— Tenez, vous connaissez l’énorme meule de pierre que j’ai derrière ma maison ? Eh bien, dans la force de mes vingt ans, je n’arrive pas à l’ébranler.

— Et alors ?

— Et alors, aujourd’hui je n’y arrive pas davantage, c’est vous dire !

 

Avec cette histoire, on comprend aisément que soulever un poids qu’on n’a jamais soulevé ne peut en aucun cas être un marqueur pertinent du suivi de la force musculaire de Nasr Eddin.

 

Il est pourtant utile, dans beaucoup de domaines, de faire des mesures quantitatives ou qualitatives.

 

Les thérapies cognitives et comportementales, en tant que psychothérapie scientifique, proposent, au cours des premiers entretiens, des évaluations par des échelles et des questionnaires. Ces évaluations vont aider à réaliser un diagnostic mais aussi permettre l’évaluation de l’impact, dans le temps, de la thérapie sur le patient. Un des questionnaires d’auto-évaluation très connu est celui de Beck qui évalue les symptômes de la dépression. À l’hôpital, le score HAD (Hospital Anxiety Depression scale) est largement utilisé pour dépister les troubles anxieux et dépressifs.